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GILLES CENAZANDOTTI DANIEL T BROOKING GAVIN BENJAMIN NINA DOTTI HELENE MAJERA vide
Sabrina Montiel Sotto KOHARUTIE REMI BOINOT ELODIE BLANCHARD DANA WEGMAN U235
 
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MANKO REGINA 2010 Acrylique Sur Toile 71x101cm

VITILIGO REGINA_2010_AcryliqueSurToile_61x91cm
VITILIGO REGINA 2010 Acrylique Sur Toile 61x91cm

ALL THINGS MOVE TOWARD THEIR END_2009_AcryliqueSurToile_122x153cm
ALL THINGS MOVE TOWARD THEIR END 2009 Acrylique Sur Toile 122x153cm

1939_2009_AcryliqueSurToile_76x61cm
1939 2009 Acrylique Sur Toile 76x61 cm

SUFFRAGETTE_2009_AcryliqueSurToile_76x61cm.
SUFFRAGETTE 2009 Acrylique Sur Toile 76x61cm.

IKEA REGINA_2010_AcryliqueSurToile_49,5x100cm
IKEA REGINA 2010 Acrylique Sur Toile 49,5x100 cm

WROCLAW_2009_AcryliqueSurToile_91x122cm
WROCLAW 2009 Acrylique Sur Toile 91x122 cm

KRAKOW_2009_AcryliqueSurToile_122x91cm
KRAKOW 2009 Acrylique Sur Toile 122x91cm

DAVID'S CHILD_2009_AcryliqueSurToile_91x60,5cm
DAVID'S CHILD 2009 Acrylique Sur Toile 91x60,5cm



Espira

L’envers du cliché

 

« Une action violente et ramassée est une similitude de lyrisme : elle appelle des images surnaturelles, un sang d’images et un jet sanglant d’images aussi bien dans la tête du poète que dans celle du spectateur. »

Antonin Artaud

 

A l’instar des images inventées par le psychiatre Rorschach, les œuvres d’Espira sont de véritables tests pour celui qui les contemple. Peuplées de femmes aux corps de nymphes et d’oiseaux aux ailes de viandes, le souffle de la guerre, du sexe et de la violence y plane sans pour autant remettre en cause la beauté plastique des formes qui les composent. Voilà pourquoi ces œuvres peuvent êtres comparées – dans leurs structures – à ce que Nietzsche dit de la tragédie Grecque : elles donnent à voir, sous la forme d’un rêve apollinien, le fond tourmenté de nos pulsions dionysiaques.

 

Que ce soit dans son œuvre Suffragette, ou bien encore dans cette autre, encore plus corrosive, intitulée Vitiligo Regina, Espira ne se contente pas de dépeindre sous forme allégorique les contradictions qui hantent notre temps – mais il invente de véritables paradoxes visuels dans lesquels l’identité des symboles qu’il interroge semble voler en éclats. L’extension du droit de vote aux femmes se superpose à l’image d’une amazone casquée couronnée d’un toupet sanglant ;  la reine Victoria, supposé modèle de droiture et de moralité, se transforme en un double visage de soldats arborant la carte des colonies britanniques sur leurs peaux.

 

Aux clichés politiques qui voudraient faire de notre époque celle d’une parousie des droits de l’homme et de la démocratie, Espira oppose sa vision faite de vérités cachées et de contrastes violents. Mais c’est là, sans doute, ce qui fait de ses œuvres de véritables signes de contradiction - autrement dit, des œuvres dont le sens et la portée dépassent infiniment le contenu des images qui hantent l’univers édulcorée de nos sociétés de consommation. 

 

 Frédéric-Charles Baitinger