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GILLES CENAZANDOTTI DANIEL T BROOKING GAVIN BENJAMIN NINA DOTTI HELENE MAJERA vide
Sabrina Montiel Sotto KOHARUTIE REMI BOINOT ELODIE BLANCHARD DANA WEGMAN U235
 
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Sabrina Montiel-Soto

Ou le petit théâtre du monde.

 

par Frédéric-Charles Baitinger

 

Et si la sculpture s’affranchissait de sa quête purement formelle pour devenir aussi réfléchie et dialectique qu’un discours ; aussi précise et rigoureuse qu’un concept ; aussi grinçante et imagée qu’une fable ? Voilà, en tout cas, le défi que semble s’être lancée l’artiste Sabrina Montiel-Soto, en abandonnant, le temps d’une exposition au moins, sa pratique - quasi scientifique - de cinéaste multimédia.

 

Difficilement classables, ses sculptures ressemblent au petit théâtre alchimique de Giulio Camillo ou bien encore aux décors métaphysiques des films d’animation de Jan ŠVankmajer. Ni tout a fait abstraite, ni vraiment narrative, chacune des œuvres de cette artiste « structuraliste » nous plonge au cœur d’un monde où chaque élément (une main, une oreille, une graine, un fil, une épine) n’acquiert sa valeur et son sens qu’en fonction du rapport qu’il entretient avec les autres.

 

Dans l’œuvre L’Attente par exemple, ce n’est ni la main, ni le sachet de thé, mais l’interaction entre ces deux éléments qu’il faut avant tout prendre en compte ; le processus de sédimentation qui unifie la main moulée à l’extrémité du sachet de thé qui, peu à peu, lui aussi, commence à être gagné par la torpeur et la mort. L’attente est ici saisie dans son processus interne – montrée dans son avancée lente et irrémédiable : quelque chose persiste, en suspend, mais pour combien de temps encore ?

 

Loin de toute effusion lénifiante, Sabrina Montiel-Soto délivre la sculpture de son inertie romantique pour en faire un langage capable d’exprimer toute la complexité de nos états d’âme.